Anciens jeux sfaxiens

 
Pour les Pic Villois de naguère et d’aujourd’hui je voudrais rendre un honneur particulier à ces jeux d’enfants et d’adolescents qui étaient pratiqués quotidiennement à plusieurs, et des fois beaucoup plus que plusieurs. Ils forgeaient nos amitiés, affinaient nos langages et créaient une cohésion sociale.

Poissons sfaxiens

Comme tout Sfaxien nous parlons souvent de poissons…. Il était un temps où il y avait beaucoup de poissons entre Sfax et Kerkenah. Vous souvenez-vous des floukas des sbarès, des bouris, ouratas, chelbas, Karous, etc, sans parler des parties de pêche ?

Qui n’est pas allé à ‘’Madagascar’’ pour y pêcher la merka du soir ? Qui n’a pas acheté sa boite de ‘’Doud’’ ou de crevettes sur le quai, dans l’espoir d’une pêche miraculeuse ? Qui n’a pas caressé l’espoir de revenir avec un beau loup, un Karous, de derrière les fagots ?

D’autres avaient quelquefois la chance d’aller pêcher dans le chenal de Kerkenah en s’embarquant sur une vieille barque à voile latine, pleine des cicatrices d’une vie laborieuse…

……….Il fait nuit noire, nous partons, à vélo direction la petite darse du port Le trajet ne dure qu’une dizaine de minutes. Sur le quai, Filimouna, le vieux pêcheur, est là, guettant notre arrivée. Le bas de son pantalon roulé découvre ses pieds nus. Il nous salue sobrement : « Yassas, salut ! ».

La maison du berger : mon voisin Abora



Mon voisin Abora était d’origine maltaise, mais il parlait couramment la langue arabe tunisienne et le judéo-arabe. Abora tenait dans une grande maison un troupeau de chèvres qu’il nourrissait bien et qui le nourrissaient de même, bien sûr.
Il était toujours habillé de bleu de chauffe et coiffé d’une petite chéchia rouge. De petite taille, mais à la langue beaucoup plus développée, répliquant facilement et vivement.

Le petit cireur de chaussures






C’était une journée de pluie diluvienne, j’aurais été mouillé jusqu’aux os, ne serait-ce ma canadienne toute neuve, imperméable à l’eau. Mais les pieds, c'était une autre histoire. Les rues de Beer Sheva en ce temps-là étaient mal canalisées et l’eau de pluie s’accumulait avec le sable envoyé par le vent du désert, dans une belle boue, une vraie bouillabaisse. Mes chaussures sales et dégoutantes me mettaient mal à l’aise : comment voyager à Dimona dans cet état ?