Le secret du coffre

 

Cette histoire s’est passée, il y a bien longtemps, mais personne au pays de là-bas ne l’a oubliée.

 Si Ahmed était un homme d’une profonde sagesse. 

Il avait épousé une femme bien plus jeune que lui et si belle que même la lune se laissait prendre aux boucles de ses cheveux.

Un soir, alors qu’il rentrait dans sa demeure plus tôt qu’à l’ordinaire un serviteur, homme de toute confiance, lui dit :

  • La conduite de ton épouse est aujourd’hui suspecte. Permets- moi de te le dire. Elle s’est enfermée dans sa chambre avec un coffre. Ce coffre est assez vaste pour contenir un homme. Il appartenait à ta grand-mère, et l’on ne devrait y trouver que des broderies anciennes. Je crois que si tu l’ouvres, tu n’y trouveras guère de broderies. Ton épouse ne m’a pas autorisé à l’ouvrir, moi qui suis le plus vieux et le plus dévoué de tes serviteurs.

Si Ahmed pénétra dans la chambre de son épouse. Elle était assise, triste, près du coffre massif.

  • Peux-tu me montrer ce qu’il y a dans le coffre ? Demanda Si Ahmed.
  • Pourquoi veux-tu le voir ? Est-ce à cause des soupçons de ton serviteur ?  Ou bien parce que tu ne me fais plus confiance ?
  • Ne serait-il pas plus simple de l’ouvrir sans aucun détour, demanda Si Ahmed?
  • Je crois que ce n’est pas possible, dit la femme.
  • Le coffre est fermé ?
  • Oui.
  • Où est la clé ?

La femme montra la clé qu’elle tenait dans sa main et dit :

  • Renvoie ton serviteur et je te donnerais la clé.

Le serviteur fut aussitôt renvoyé. La femme donna la clé à son mari et sorti de la chambre.

Le trouble était apparemment dans le cœur et dans l’esprit de Si Ahmed. 

Aussi, il réfléchit longuement.

Quand il eut envisagé toutes les possibilités qui étaient multiples, il fit appeler quatre jardiniers. 

Il leur demanda, au milieu de la nuit, de transporter le coffre jusque dans un champ, le plus loin possible de la maison, et de l’enterrer profondément. Ce qu’ils firent.

Après quoi, on ne parla plus jamais de ce coffre.

 

Voilà l’ histoire. Elle est douce ou amère, si vous l’avez trouvée douce, bravo à vous.

Si vous l’avez trouvée amère, je la remporte avec moi.

 

             Si, tu rencontres deux êtres qui vivent en harmonie,

        sois sûr que l’un d’eux est bon.

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