Docteur Mohamed Aloulou

Mohamed Aloulou est un ami de longue date, un fidèle ami, un amoureux de Sfax. Une chance pour Sfax. 

pensé qu'il était utile important de publier comment lui-même se définissait

Né dans une famille du "destour" lorsque le mot était synonyme de résistance patriotique, je suis fils du Dr Ahmed Aloulou, un militant de la première heure dans la lutte pour l'Indépendance qui fut Président du Congrès du Destour de Sfax en 1955 puis l'un des cinq Secrétaires de l'Assemblée qui a proclamé la République en 1957 et rédigé la Constitution de 1959.

Marqué par l'esprit scout dès l'enfance j'ai poursuivi mon engagement dans la vie publique comme responsable dans le Destour et la Section de l'UGET à Strasbourg où j'étais étudiant. 

Aussi, sitôt rentré à Sfax en 1974, ai-je été littéralement happé par la vie politique et associative, d'abord comme Premier Vice Président du CSS pour 4 ans puis à la Municipalité pour "deux mandants de cinq ans chacun", chargé du Sport puis de la Culture.

Je me suis ainsi retrouvé très souvent responsable de premier plan dans divers domaines :

  • dans mon milieu professionnel comme Président du Conseil régional puis Vice-Président du Conseil National à l'Ordre des Médecins, Président fondateur de l'Association des Médecins de libre pratique puis membre fondateur du Syndicat des Médecins de LP.
  • dans la Ligue Régionale des Droits de l'Homme comme V-P.
  • dans l'environnement, à travers l'Association de Protection de la Nature et de l'Environnement à Sfax comme premier V-P.
  • dans le Sport comme Président du CSS (1988-89) et de la Ligue Régionale de Judo.
  • dans la Culture en tant que Président fondateur de Nadi el Assil de Musique Arabe et Président du Comité Culturel Régional.

Ce fut alors normal que je sois sollicité à 2 reprises (avant et après Novembre 1987) pour "figurer" sur la liste des députés destouriens et l'on s'étonna que je ne l'accepte pas.  J'avais  en fait refusé net, d'abord pour incompatibilité avec ma profession de cardiologue puis en raison de mes réserves timidement puis ouvertement déclarées envers le régime politique dont je déplorais la dérive vers la dictature régionaliste et mafieuse.

J'ai donc peiné à assumer l'ambigüité de mon statut de "destourien opposant" et le régime Ben Ali ne pouvait que finir par m'écarter de toute responsabilité et me harceler au quotidien. C'est certainement cela qui m'a valu l'honneur d'être désigné Ministre de la Jeunesse et de Sports au premier et au second Gouvernement de la Révolution. Ce passage m'a offert le mérite d'avoir vécu et correctement géré plus de 180 jours de tempête face à une jeunesse légitimement en colère et déchaînée. J'en garde le plus précieux souvenir. Mais aussitôt le calme revenu je fus écarté sans égards par le Premier Ministre Caïed Essebsi pour d'énigmatiques raisons que j'ai fini par connaître bien plus tard et dont je préfère ne pas parler en cet instant délicat, par égard à la mémoire du regretté Président auquel je continue de témoigner reconnaissance et respect.

La suite ne fut pas moins inattendue puisque dès 2011 et surtout depuis les élections de 2014 je me suis retrouvé catégoriquement et activement écarté de la scène politique, cette fois-ci à l'initiative première de quelques activistes notoires de ma ville, des proches des décideurs centraux et des partis installés au pouvoir qui furent pour la plupart d'anciens serviteurs complices et nostalgiques de la dictature déchue. On comprend donc que ma présence sur la scène politique puisse faire de l'ombre et déranger "ces notables traditionnels" accrochés aux privilèges de ce qu'ils considèrent être leur chasse gardée.

Dans les bouleversements de l'après 14 Janvier 2011, j'avais essayé de rester actif et de  d'espérer ; j'avais rallié en membre fondateur Jomhouri qui avait hélas trop mal démarré pour réussir puis adhéré comme responsable à Nidaa Tounès qui s'est étrangement autodétruit (???), et à chaque fois je me suis vu obligé de jeter l'éponge.

Aujourd'hui et avec le recul, je suis convaincu que le pays n'a pas cessé d'être mal géré depuis la Troïka jusqu'à nos jours et que seul un changement radical de la scène et du personnel politique peuvent le sortir du marasme politico-économique dans lequel l'ont embourbé des gouvernants végétatifs, sans vision ni audace aucune. C'est pourquoi je me suis maintenant engagé en candidat et librement choisi la voie.

  • Par principe j'ai d'abord rejeté les propositions qui me furent faites pour figurer sur des listes de Partis que je n'approuve pas et dont je souhaite la mise à l'écart du pouvoir.
  • Par sagesse j'ai refusé "l'option des listes indépendantes" qui veut diaboliser tous les partis, y compris ceux qui furent victimes et laminés par le "vote utile" de 2014; cette option ouvre en fait la porte à l'anarchie et aux aventuriers qui menacent l'avenir de la Démocratie.  
  • Par conviction j'ai accepté la proposition de l'UDS qui est une coalition électorale composée de cinq parties (les Partis Tounes-ilalamam, Jomhouri, Massar et MDS + Qadiroun) et qui parraine aussi des listes présidées par des personnalités indépendantes telles que moi.

J'ai choisi l'UDS pour les principes énoncées dans son manifeste constitutif dont je partage les orientations qui prônent globalement un Etat fort, juste et équitable entre les citoyens, les catégories sociales et les diverses régions, dans une société unie et solidaire.
A travers cette adhésion il y a aussi ma modeste intention d'encourager ces partis aux objectifs similaires à se rassembler, à sortir de la dispersion, à augmenter leurs chances de réussite et, pourquoi pas, finir par se regrouper en partis plus crédibles et plus performants.

Dans mon entreprise optimiste, quelque peu idéaliste et que d'aucuns me reprochent déjà, je crois que je peux compter sur la confiance méritoirement acquise auprès des miens et sur "une réputation personnelle" que je surestime peut-être mais en laquelle je crois fort.
J'y crois en parlant de "Sfax ville et région" que je connais au mieux, et pour laquelle je me suis toujours battu afin qu'elle cesse d'être polluée et humiliée, isolée, sous équipée et freinée dans son développement.

J'y crois encore plus en pensant à mon pays qui mérite mieux et qui doit sortir de l'ornière des bas calculs et de la médiocrité, de l'immobilisme et de la frilosité, du désordre général et de la dérive, de l'injustice installée et du déséquilibre interrégional.

 

 

Docteur Mohamed Aloulou

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